Qui suis-je ?

Depuis l’enfance, les livres occupent une place centrale dans ma vie. Lire, puis écrire, sont devenus des façons d’explorer le monde, mais aussi de me construire.

Longtemps, j’ai cherché dans les livres des voix qui me ressemblent. Ne pas les trouver a profondément marqué mon rapport à la littérature.

C’est de là qu’est née mon attention à la représentativité. Depuis 2015, je m’engage à mettre en lumière des auteur·ices afro, en créant des espaces de visibilité, de partage et de transmission.



Découvrez mes écrits

A travers cinq récits profondément humains, Sincères condoléances plonge le lecteur au coeur de ce moment où tout vacille. Chaque personnage avance à son rythme vers l'apaisement, révélant la complexité et la beauté fragile de la résilience. Une lecture émotive, authentique, qui marque et invite à réfléchir. Laissez-vous toucher par ces histoires !

Dix autrices béninoises, dix voix uniques explorant la complexité des relations familiales. Un recueil collectif qui célèbre le talent littéraire féminin et inspirera les écrivaines en herbe au Bénin comme ailleurs. Découvrez ces voix inédites.

 © Illustration protégée — reproduction interdite sans autorisation. 
 

Mawuena est une jeune illustratrice de treize ans.
Elle réalise ici sa première publication, avec une illustration inspirée de "Ma jumelle", la nouvelle inédite du recueil Sincères condoléances

 Les absents continuent parfois d’habiter les vivants. 

Extrait inédit — Sincères condoléances (édition augmentée, 2022)

 

Je me suis réveillée en sueur au milieu de la nuit, après avoir fait un horrible cauchemar.

La voiture de ma mère avait pris feu alors qu'elle se rendait à La Poste où elle travaille. Elle avait perdu le contrôle de son véhicule et percuté la voiture qui venait en sens inverse. Maman et l'autre conducteur avaient péri durant la collision.

Les pompiers et les secours avaient récupéré intacte la statuette de ma sœur jumelle, qui gisait au milieu de la route, et me l’avaient remise. Elle me fixait avec un rictus moqueur, l’air de dire : « tu ne te débarrasseras jamais de moi ! »

C'est un cauchemar récurrent que je fais dès que je suis de retour dans la ville rose. Je l'interprète comme une injonction à aller rendre visite à Maman et à Adétola le plus tôt possible.

Ma mère était enceinte de jumelles, il y a trente ans. Tandis que ma sœur avait un développement normal dans son ventre où nous cohabitions, j'avais de telles difficultés que mon pronostic vital était engagé.

Pour conjurer le sort, mes parents ont décidé qu’ils me donneraient le prénom de Selome, qui signifie « entre les mains de Dieu ». 
Le jour de l’accouchement, ma jumelle était en pôle position pour sortir ; elle donnait de vigoureux coups de pieds. Je me faisais toute discrète derrière ma sœur.

Tous étaient préparés à me perdre, tout en priant très fort afin que je réussisse à terminer la première course de ma vie.

Et j'ai survécu ; j'étais toute menue et en difficulté respiratoire, mais bel et bien vivante.

Adétola, « le chapeau du bonheur », ma sœur jumelle, qui avait été le bébé en parfaite santé tout au long de cette grossesse à risque, est malheureusement décédée au cours de l'accouchement.

Quelques jours plus tard, ma grand-mère maternelle est arrivée de Cotonou avec dans ses bagages une statuette en bois, censée être l'incarnation d’Adétola.